Dimanche 25 mai 2008
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Voici le texte de l'article:
Qu'est-ce que je fais aujourd'hui avec une petite fille de 8 ans à l'autre bout du monde ? Marie-Hélène Le Pargneux interpelle calmement. Ton égal. Visage impassible. Ses cernes et
sa chevelure brune, en bataille dissimulent mal sa lassitude. Cette Caennaise de 44 ans, célibataire, est rentrée du Népal depuis un peu plus d'un mois. Elle n'a ps vraiment atteri. Neha, celle
qu'elle appelle
"ma fille", n'a pas été autorisée à la suivre. C'est une histoire d'apotion. Ses élans du coeur. Ses préripéties administratives. Ses ratés, parfois. Et une
vie de famille qui démarre en pointillés. Marie-Hélène La Pargneux est passée par toutes ces étapes. Malgré elle.
Début 2007, elle part au Népal avec la garantie de pouvoir adopter Neha. Toutes les formalités sont remplies, jusqu'à l'acte d'adoption, signé par les autorités locales. "
Lorsque
je suis arrivée à l'Ambassade de France, il ne me manquait plus que le tampon pour le visa."
Si prés, si loin. La situation se complique à ce moment précis. Interrogée
par des fonctionnaires, la petite fille considérée comme une enfant de la rue, c'est à dire une orpheline, évoque ses parents biologiques vivants. Problème. Les autorités françaises se
tournent vers leurs homologues népalais: l'accord des géniteurs de la fillette est évidemment requis.
Les avis de recherche se succédent. Neha, qui avait quitté l'orphelinat, doit y retourner. Il faut attendre un an, janvier 2008, pour retrouver ses parents. Le couple signe le document
d'abandon des droits parentaux. un nouveau dossier est déposé auprés des autorités népalaises. Mais son tratement s'enlise. Retour à la case départ. Marie-Hélène Le Pargneux rentre en France.
Depuis elle ne perd pas de vue son objectif: ramener Neha en France. En attendant, elle doit se contenter des souvenirs de son début de vie familiale, démarrée dès les premiers jours au Népal.
"
J'avais fait le choix de rester avec elle". Jusqu'à l'orphelinat. "Je lui faisais faire ses devoirs le soir". Un an et quatre mois d'un quotidien bien installé.
D'incertitudes, de doutes, de craintes, aussi. "
Au tout début, je pensais que ça allait se régler rapidement. J'appelais l'Ambassade chaque jour, pendant plusieurs
semaines. J'attendais à coté du téléphone".
Rien n'est venu. L'angoisse a remplcé l'optimisme. "
J'avais le moral à zéro. J'en ai passé des nuits blanches! J'ai beaucoup craqué. Pleuré au ministére là-bas. J'ai senti peu de
compassion. Pour eux, c'est assez étrange." Dans un pays où l'on ne montre pas ses émotions, la Caennaise les a beaucoup exprimés. Elle s'est sentie isolée, a nourri un
"sentiment d'impuissance". "Habituellement, je suis assez active. Là je me suis retrouvée à ne rien faire. On est tout petit face à deux Etats." Prise dans ce qu'elle appelle
"
un match de ping-pong", arrêtée
"face à un mur".
Coïncidence ? "
La France a suspendu les adoptions d'enfants népalais peu de temps àprès cette histoire, admet le ministére des affaires étrangères. L'Allemagne également. Il y
avait un doute sur le fait que les enfants soient en situation d'être adoptés." Quelques 80 dossiers français sont ainsi restés en souffrance. Mais ils avancent. Hier, Rama
YAde, secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, recevait, à Paris, une cinquantaine de familles dont les enfants viennent d'arriver en France.
La difficulté au Népal, l'un des pays les plus pauvres de la planéte, provient de la nature des orphelinats. A la fois établissements d'accueil d'enfants abandonnés et foyers sociaux. Un
mélange des genres proscrites par la convention de la Haye qui régit les régles de l'adoption dans de nombreux pays. Le Népal modifie actuellement sa législation pour s'en approcher avant
de ratifier la norme internationnale, pour garantir le respect des droits de l'enfant. Les célibataires n'ont pas vraiment le choix. "
Les organismes d'adoption agréés ne nous
acceptent pas. En france c'est impossible."
L'attente est devenue cruelle pour la Caennaise et la fillette. "
Je me souviens, quand les premiers doddiers ont été réglés. Neha
regardait passer les avions en pleurant. On finissait toutes les deux en larmes, dans la chambre d'hotel."
Un véritable " cauchemar". Qui révolte Marie-Hélène Le Pargneux,
persaudée de payer les pots cassés d'un différend diplomatiquené de cette situation. "
Est-ce que les enfants doivent en faire les frais ?"
Cette semaine, la Caennaise tente d'actionner un levier politique. Elle rencontre des élus. Mardi, elle a été reçue par le cabinet de Rama Yade, au beua milieu d'une visiste d'une délégation
népalaise.
Elle reprend espoir. "
Une solution est envisageable" lâche-t-elle à la sorite.
Chez elle, une chambre attend Neha. Le temps presse pour cette psychologue auprès d'enfants plcés. "
Je suis en congés sans solde depuis tout ce temps. Un de mes deux employeurs n' a
pas pu garder mon poste. Pour le second, l'échéance est fixée au mois de septembre." L'été lui apportera-t-il le nouveau soleil de sa vie ?
Josué JEAN-BART